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Budget 2010

Prise de position du groupe PLRT relative au budget 2010

 

 

Vous êtes-vous demandé depuis combien de temps parlons-nous de crise financière et de crise conjoncturelle ? J'ai vérifié. Les premiers titres de nos quotidiens à y faire référence datent de l'automne 2007. On a commencé à parler d'une bulle immobilière qui faisait plop du côté de la Californie. Deux ans déjà que l'on sait que certains fondements de notre confort sont rongés. Deux ans qu'on sent le revenu des entreprises s'éroder et qu'on peut supposer que le produit de l'impôt va flancher.

 

Cette crise devient aujourd'hui des plus concrète pour notre commune. 24 mois après que les prémices aient été vus et rapportés. Il en faudra probablement autant pour que le retour à un niveau d'activité profitable se fasse sentir tant le paquebot macro-économique réagit sur des cycles plus longs que nos exercices budgétaires.

 

Tout comme vous, le groupe libéral-radical ne peut que constater l'ampleur des effets de la crise. 1'800'000 francs de déficit, c'est l'équivalent de 11 points d'impôts. C'est aussi 6.9% du total de nos charges. A l'échelle d'un pays, ce sont des rapports qui vous mettent en quasi cessation de paiement, comme le gouvernement grec l'expérimente cruellement depuis mardi.

 

A notre échelle, c'est un résultat qui a pour conséquence que nous devrons emprunter pour fonctionner. Emprunter pour payer les salaires de la voirie, emprunter pour acheter les enveloppes de l'administration, emprunter pour offrir un souper à nos aînés. On ne peut pas dire que la perspective soit réjouissante car répétée plusieurs exercices de suite, elle mène invariablement à la faillite. C'est une question de temps.

 

Mais parmi cette forêt de feux passés au rouge, il y a tout de même quelques aspects positifs. Le canton s'est résigné à une contribution unique de solidarité. Si elle ne se répète pas en 2011, nous serons donc à l'équilibre en terme de trésorerie pour autant que les autres postes du budget restent stables. Nous ne devrons donc plus qu'emprunter la totalité de ce que nous investissons. Ce n'est toujours pas très sain mais le rythme d'empoisonnement sera ralenti et nous laisserons aux générations futures le plaisir d'éponger nos décisions d'aujourd'hui. Autre point positif, la vigilance de notre exécutif. Pleinement conscient de l'aspect non durable de ce budget, il nous annonce une veille attentive et la prise de mesures complémentaires courant 2010 si la situation devait se dégrader. Nous lui faisons pleinement confiance et sommes convaincu qu'il s'y résoudra.

 

Car sans cet effort de tous les jours et sans mesures structurelles au niveau cantonal, la politique du dos rond qu'on nous propose ne tiendra pas au-delà de 2010. La Tène devra sans doute rouvrir le dossier fiscal. Pour le groupe libéral-radical, le moment semble plutôt mal choisi. Nous ne saurions nous y résoudre sans un exercice de détail dans lequel chaque tabou est remis sur la table, chaque vache sacrée est soigneusement réévaluée et chaque dépense précautionneusement soupesée. Ce n'est qu'une fois ce douloureux exercice réalisé que la question fiscale pourra être posée. Il en va de la crédibilité de notre autorité et d'un équilibre des sacrifices dans un contexte où nos concitoyens sont joyeusement ponctionnés de toutes parts.

 

Je vous le disais à l'instant, le groupe libéral-radical admet que faire le dos rond sur l'exercice 2010 est probablement jouable. A une très large majorité, il s'est rallié à l'idée. Malgré le goût amer du déficit budgété, il acceptera le budget et la plupart des amendements proposés par la Commission financière. Tout ceci non sans avoir au préalable remercié chaleureusement l'administration et le Conseil communal in corpore pour le travail accompli.