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Comptes 2008

Mais qu'est-ce-qui peut bien transpirer des comptes 2008...

 

 

Allez, pas de chichis. Les comptes 2008 sont bons et il faut s'en féliciter.

 

Les Conseils communaux de Thielle-Wavre et Marin-Epagnier ont rempli leur mandat et respecté les enveloppes budgétaires. Ils ont apuré ce qui devait l'être et ils ont remis un bilan tout à fait correct à la nouvelle Tène.

 

Mais comme souvent, c'est dans les détails que se cache quelques frayeurs. Une fois exclues les quelques écritures extraordinaires justifiées par le souci d'apurer le bilan, l'addition du déficit de Marin-Epagnier et du boni de Thielle-Wavre font ressortir un déficit cumulé de CHF 440'000.-. Est-ce alarmant ? Pas encore. Car finalement, comme nous nous y sommes habitués à force de lecture assidue des pages économiques de nos quotidiens, le résultat publié ne veut pas dire grand-chose. Plus difficile à trafiquer et donc plus parlante, la capacité d'autofinancement retient l'attention du parti libéral-radical. C'est un chiffre-clé car il dépeint la capacité d'une commune à assumer et entretenir le patrimoine existant, à rembourser sa dette et à développer des projets. Les comptes 2008 cumulés de Thielle-Wavre et Marin-Epagnier font ressortir une capacité d'autofinancement positive de CHF 1'440'000.-. C'est déjà plus robuste. Mais est-ce suffisant ? Si on imagine entretenir et donc renouveler tous les 50 ans le patrimoine communal mais aussi rembourser en 100 ans la dette accumulée, il faudrait un peu plus de CHF 1'000'000.- par an. Les comptes 2008 présentent donc une valeur plutôt rassurante. La commune a pu assumer l'existant. Mais aurait-elle pu développer des projets et investir ? Le parti libéral-radical est d'avis que non. Les finances communales ne dégagent pas suffisamment de moyens. C'est un premier sujet d'inquiétude.

 

A cela s'ajoute la situation conjoncturelle. 2008 représente de l'avis de tous l'aboutissement d'un cycle économique. Les revenus des ménages ont atteint des sommets. Les bénéfices des entreprises aussi. Or, dans ce contexte porteur, les communes fusionnées de Thielle-Wavre et Marin-Epagnier dégagent de quoi assumer l'existant mais pas de moyens pour financer des projets. C'est bien le signe d'un problème structurel.

 

Certaines sirènes nous rétorquerons qu'il y a qu'à adapter la fiscalité et nous retrouverons les moyens de nos ambitions. Le parti libéral-radical se permet d'ores et déjà d'exprimer les plus grands doutes. Le remède proposé est une solution de facilité. Ses effets sur le pouvoir d'achat seraient difficilement acceptables dans un canton qui a déjà la main très lourde quand il tond les classes moyennes. Nous y préférons très clairement l'adaptation de nos structures. La recherche d'une efficacité plus grande et donc d'un coût moindre dans l'accomplissement des services communaux doit rester une priorité. Cela peut passer par de nouvelles collaborations intercommunales. Cela passera aussi par davantage de discipline et de responsabilisation dans la définition des budgets des syndicats intercommunaux. Cela continuera par le recours accru à l'informatique dans l'administra-tion, par davantage de mécanisation aux travaux publics et dans les services de concierge, par la professionnalisation de la gérance du patrimoine financier ou encore par l'abandon de certaines prestations devenues accessoires et non indispensables. Sans ces efforts préalables, le débat fiscal n'a pas lieu d'être.

 

Il est tant de faire la synthèse. Ponctuellement équilibrés et sainement gérés, les comptes 2008 méritaient l'approbation unanime du parti libéral-radical tout comme l'expression de nos remerciements sincères à tous ceux qui ont contribué à ce résultat d'ensemble. La rétrospective achevée, il s'agit désormais de se concentrer sur ce qui se passe aujourd'hui au sein des ménages et des entreprises laténiens. Ce qu'on y vit est dur et aura des effets sur nos recettes fiscales. Il est donc indispensable de repenser nos fonctionnements et d'adapter nos structures publiques. Sans quoi, le déficit structurel n'en sera que plus criant et plus cruel dans ses effets. Le parti libéral-radical travaillera dans ce sens et invite toutes les forces politiques progressistes à le rejoindre dans ce travail de fond.

 

 

PLRT / Nicolas Krügel 24.04.2009